Billet 3 – Efficacité de la formation à distance
J’ai été très touché par l’étude « A Meta-Analysis and Review of Online Learning Studies » (Means et al., 2010), qui analyse l’efficacité de différentes stratégies des cours hybrides et leurs variantes.
Dans mon travail, la satisfaction
des clients et l’efficacité de notre enseignement est notre principal argument
de vente. Très souvent, dans une perspective d’amélioration continue, nous
essayons de varier les supports ou les structures pour trouver une solution
plus efficace et plus motivante pour les apprenants. Tous nos cours sont en
ligne, mais la proportion de temps en synchrone ou asynchrone peut varier,
ainsi que le design pédagogique. La composante IA ou numérique est très
recherchée par les clients car elle souvent ressentie comme enrichissante et synonyme
d’efficacité.
A ma grande surprise, les
résultats des analyses chiffrés de cette étude sont à l’inverse de ce que nous prônons :
Blended and purely online learning
conditions implemented within a single study generally result in similar
student learning outcomes. When a study contrasts blended and purely online
conditions, student learning is usually comparable across the two conditions ! (Means
et al., 2010, p. XVI)
Le cours hybride que nous
offrons, qui combine une heure en synchrone avec un enseignant et un temps d’auto-apprentissage
sur une application, est le plus recherché par nos apprenants. Nous argumentons que le travail en
autonomie sur un temps choisi par l’apprenant augmente l’efficacité générale du
cours. Si l’on croit l’étude en question, ceci est une mauvaise assomption.
Dans cette même étude, les
auteurs comparent différents éléments du design pédagogique et concluent :
Elements such as video or online
quizzes do not appear to influence the amount that students learn in online
classes. The research does not support the use of some frequently recommended
online learning practices. Inclusion of more media in an online application
does not appear to enhance learning. The practice of providing online quizzes
does not seem to be more effective than other tactics such as assigning
homework. (Means et al., 2010, p. XVI)
Quand je pense au temps que nous
investissons en création de contenu et en recherche des moyens techniques pour
inclure des éléments de jeux interactifs ou similaires à nos cours, cette
conclusion est un terrible coup de massue. Devons-nous revoir totalement notre
approche? Est-ce que des devoirs traditionnels ont finalement la même
efficacité? Qu’en est-il alors du fameux apport du numérique?
Les auteurs nuancent leur conclusion.
Le changement de paradigme amorcé par le numérique est bien réel, mais se situe
ailleurs, plus spécifiquement au niveau de l’autonomie de l’apprenant.
Online learning can be enhanced by
giving learners control of their interactions with media and prompting learner
reflection. ( … ) Overall, the available research evidence suggests that
promoting self-reflection, self-regulation and self-monitoring leads to more
positive online learning outcomes. Features such as prompts for reflection,
self-explanation and self-monitoring strategies have shown promise for
improving online learning outcomes. (Means et al., 2010, p. XVI)
Dans l’étude du département Américain
de l’Éducation sur les cours hybrides, les auteurs arrivent à une
conclusion similaire: « it appears that there is support for the importance
of all three: SS, ST, and SC. However,
we found a difference in effectiveness for SS and SC over ITs promoting ST
interactions” ( Bernard et al. , 2010, p.1265).
La relation “Student – Student” et “Student – Content » serait plus
productive que celle “Student – Teacher”, soit le rapport de l’apprenant au contenu
plus efficace que celle avec l’enseignant.
L’efficacité d’un cours hybride serait
donc favorisé par l’autonomie de l’apprenant, son attachement au contenu et
l’investissement réflexif offert par le numérique sur son propre apprentissage,
au-delà de la l’interactivité numérique ou de la relation avec l’enseignant. Voilà
des pistes de réflexion que je souhaite explorer dans notre offre de cours.
A
Meta-Analysis of Three Types of Interaction Treatments in Distance Education
Author(s): Robert M. Bernard, Philip C. Abrami, Eugene Borokhovski, C. Anne
Wade, Rana M. Tamim, Michael A. Surkes and Edward Clement Bethel Source: Review
of Educational Research , Sep., 2009, Vol. 79, No. 3 (Sep., 2009), pp. 1243-
1289 Published by: American Educational Research Association Stable URL: https://www.jstor.org/stable/40469094
U.S.
Department of Education, Office of Planning, Evaluation, and Policy
Development, Evaluation of Evidence-Based Practices in Online Learning: A
Meta-Analysis and Review of Online Learning Studies, Washington, D.C., 2010.
Je pense qu’il y a plusieurs points à prendre en considération dans ces résultats d’études et qu’ils sont à nuancer. Oui, l’autonomie est un facteur clef dans la réussite et l’engagement des personnes apprenantes, mais également des pratiques pédagogiques spécifiques, l’accompagnement et l’encadrement des personnes apprenantes. Le rapport de méta-analyses (Means et al., 2010) mentionne que les approches collaboratives et dirigées par une personne enseignante ont des effets significativement positifs, contrairement aux approches d'apprentissage autonome. Votre approche de combiner un moment en synchrone avec une personne enseignante et un temps d’auto-apprentissage via une application reste une belle approche, il pourrait peut-être y être ajouté ou (re)pensé des approches semi-collaboratives soit par d’autres personnes participantes soit par une IA ?
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