Les théories de la formation à distance : la "distance transactionnelle"

Lors de mes lectures, je me suis particulièrement intéressée à la « théorie de la distance transactionnelle » de Moore (2011) : « La théorie de la distance transactionnelle fournit un cadre large pour la pédagogie de l’éducation à distance. Elle permet la génération d’un nombre presque infini d’hypothèses sur l’interaction entre les structures de cours et le dialogue enseignant-enseigné, ainsi que sur la propension des étudiants à contrôler leur processus d’apprentissage. » (Moore, 2011)

Je souhaitais examiner, à la lumière du principe de Moore, les trois principales structures de cours que nous proposons dans mon école. Notre offre de cours s’adapte aux besoins et aux envies de nos apprenants adultes et professionnels.

  1. Optimisation rédactionnelle : Il s’agit d’un cours très structuré, qui offre une grande autonomie à l’apprenant. Le matériel est envoyé une fois par semaine pendant six semaines. L’apprenant est suivi par un enseignant, qu’il ne rencontre en synchrone que deux fois, en début et en fin de session. De plus, des « devoirs » sont envoyés avec une rétroaction en asynchrone après chaque semaine de cours. C’est finalement l’offre que nous vendons le moins. Souvent, les apprenants abandonnent en milieu de parcours. La distance transactionnelle est peut-être trop importante.
  2. Des cours avec des applications : Les apprenants travaillent en asynchrone sur des applications, mais ces activités sont reprises en synchrone avec l’enseignant. En particulier, la partie expression orale est encore peu développée dans les applications — malgré l’existence de chatbots — et le rôle principal de l’enseignant est de consolider les compétences acquises lors d’exercices d’interaction orale. Cette offre est très appréciée car elle s’appuie sur l’efficacité des applications en ligne, promettant une certaine autonomie dans l’apprentissage tout en rassurant et motivant grâce à la présence hebdomadaire de l’enseignant.
  3. Une offre classique en synchrone : Des cours en synchrone structurés en fonction des besoins des apprenants tout au long des rencontres. La distance transactionnelle y est minime, car malgré la distance physique, l’apprenant et son enseignant se rencontrent deux fois par semaine et sont constamment en dialogue. Le suivi peut varier en fonction de la personnalité des participants. Cependant, un retour négatif souvent exprimé à propos de cette offre est que l’enseignement est trop « classique ».

« (…) les degrés de dialogue et de structure varient d’un cours à l’autre. Ce n’est pas uniquement une question de technologie, bien que cela ait une influence. Cela dépend aussi de la philosophie de l’enseignant, des capacités des élèves et du sujet du cours. » (Moore, 2011) Cette remarque prend tout son sens ici : ce n’est pas la technologie qui crée la distance, mais bien la structure. Je pense que le principal risque en FAD aujourd’hui est un retour aux cours traditionnels sous couvert de technologie. Ce désenchantement peut favoriser l’abandon ou susciter des retours négatifs de la part des apprenants.

Tout est une question d’équilibre : « le courrier électronique diminue la distance transactionnelle dans des cours de santé publique et des cours pour infirmières délivrés par vidéoconférence. » (Moore, 2011) Un contact, même par courriel, rétablit la relation et le sentiment d’appartenance. Il me semble pertinent de repenser la théorie de la distance transactionnelle à la lumière des émotions académiques afin de définir une stratégie optimale pour la FAD.

 

Références:

 

Moore, M. G. et Marty, O. (2011). La théorie de la distance transactionnelle. Document inédit.

Commentaires

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  2. Marina10 décembre 2024 à 20:30
    Cette citation de Moore (2011) m’a également saisie. Des trois formations que tu partages, celle qui semble le plus avoir de succès dans ma compréhension est celle des cours avec applications. Un subtil mélange de technologies asynchrones qui donnent le sentiment de développement de compétences de manière autonome et des rencontres synchrones avec une ‘vraie’ personne enseignante qui permet d’offrir une dimension sociale et humaine par le dialogue. C’est ce que Lee et Gibson (2003) ont conclu d’une étude sur les apprenants adultes, dans un enseignement assisté par ordinateur, que les personnes enseignantes devaient encourager le dialogue, permettre la flexibilité structurelle, encourager la réflexion critique et de laisser aux personnes étudiantes une marge de contrôle. Comme tu l’écris : ‘Tout est une question d’équilibre’.

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