Avantages et inconvénients de la FAD

 Dans ma pratique professionnelle, le numérique occupe une place centrale car je me trouve dans un contexte d’enseignement en ligne ou à distance. Les cours sont en synchrone et en petits groupes de maximum 6 participants. Mon contexte pourrait rejoindre la définition de Kentnor ( 2015) cité par Forget-Dubois (2020)

“Online education is defined as a form of distance education that uses computers and the Internet as the delivery mechanism, with at least 80% of the course content delivered online”. (Kentnor, 2015.)

L’avantage intrinsèque de cette formule est sans aucun doute la logistique. En effet, mes apprenants sont en grande majorité des actifs avec un emploi du temps très chargé et la flexibilité ainsi que la facilité offerte par la FAD est primordiale pour eux.

Au niveau pédagogique, l’atout majeur en est l’autonomie. Les apprenants choisissent eux même non seulement l’heure et le jour, mais aussi le niveau, le thème et la compétence qu’ils souhaitent travailler. Comme ils ont aussi accès à toutes les présentations en amont, ils peuvent préparer, lire ou s’informer en toute autonomie. Le concept de « Pedagogy of autonomy” (Kukulska-Hulme,2022) est la clef d’une motivation réelle et continue. La gestion logistique oblige les apprenants à faire des choix et donc à se confronter à leur parcours d’apprentissage et à prendre leurs responsabilités :  « Individuals need to understand that they are not simply passive recipients of teaching: they are actively engaged in the learning process.” Rogers (2003)

Dans ce contexte, l’innovation du numérique a suivi les étapes décrites par Rogers (2003) : « The degree of relative advantage may be measured in economic terms, but social prestige factor, convenience, and satisfaction are also important factors. What does matter is whether an individual perceives the innovation as advantageous.   La FAD a été testée, acceptée et adoptée, car elle est avantageuse pour les apprenants en gain de temps, de confort et d’efficacité.

 

Alors que la forme et la mise en place logistique semble innovante grâce au numérique, le cours en soi ou le fond reste parfois bien moins originaux.

En effet, je me trouve fréquemment dans la situation où le cours est très linéaire et presque frontal. Les apprenants souhaitent un cours classique, presque rassurant, durant lequel ils peuvent passivement écouter un enseignant transmettre du savoir. Je rejoins la problématique posée par Forget-Dubois (2020) : « La question est de savoir si la pédagogie permet à l’apprenante ou à l’apprenant d’atteindre l’objectif et non quel est le mode de diffusion de la pédagogie. » (Gicquel, 2010) cité dans Forget-Dubois (2020)

J’ai été surprise par l’article de Forget-Dubois (2020), « Définitions et modalités de la formation à distance », où les auteurs s’attachent aux différentes définition et structures de la FAD, mais emploient une multitudes de lexiques pour la personne qui enseigne : « enseignant » , « instructeurs », « personne-ressource », « tuteur » chez Forget-Dubois (2020) ou « teaching presence » chez Garrison ( 1999) sont divers termes utilisés. Je pense que cela reflète mon malaise personnel quant à ma nouvelle fonction, entre innovation technologique et flou didactique.

 

Références

 

Forget-Dubois, Nadine (2020). Définitions et modalités de la formation à distance, Études et recherches, Québec, Conseil supérieur de l’éducation, 46 p.

Garrison, D. R., Anderson, T. et Archer, W. (1999). Critical inquiry in a text-based environment: Computer conferencing in higher education. The internet and higher education, 2(2-3), 87-105.

Kentnor, Hope (2015). «Distance Education and the Evolution of Online Learning in the United States », Curriculum and Teaching Dialogue, vol. 17, no 1-2, p.21-34, réf. de février 2020

Kukulska-Hulme, A., Bossu, C., Charitonos, K., Coughlan, T., Ferguson, R., FitzGerald, E., Gaved, M., Guitert, M., Herodotou, C., Maina, M., Prieto-Blázquez, J., Rienties, B., Sangrà, A., Sargent, J., Scanlon, E., Whitelock, D. (2022). Innovating Pedagogy 2022: Open University Innovation Report 10. Milton Keynes: The Open University

Rogers, E.M. (2003). Diffusion of innovations (5th ed.). New York: Free Press.

 

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